02.08.2019

La reconstruction de la marina du Captain Oliver autorisée par les autorités françaises mais pas encore validée par celles de Sint Maarten

C'est ainsi que Maggi Shurtleff résume la situation.

«Alors que le Captain Oliver symbolisait l’unité de l’île, aujourd’hui il est le fruit de la discorde», commente Maggi Shurtleff, la principale propriétaire de la marina (elle détient 80 % des parts), qui se trouve, deux ans après le passage d’Irma, dans l’incapacité de reconstruire ou de vendre le site.

Fin 2016, Maggi Shurtleff a engagé des travaux de réfection d’un ponton. Considérant que le chantier était en partie française et ne respectait pas les règles en matière de sécurité notamment, les services de la préfecture ont fait stopper les travaux. Cette décision a suscité une grande colère de la part du Premier ministre de Sint Maarten pour qui, le chantier se situait en partie hollandaise. Or ni la France, ni les Pays-Bas, seuls compétents en la matière, n’étaient capables d’affirmer officiellement où passait la frontière.

Pour Sint Maarten, la terre est en partie française et la mer en partie hollandaise. Pour Paris, la frontière partage de manière équitable la baie d’Oyster Pond (comme c’est le cas ailleurs dans le monde dans une telle configuration géographique), il a d’ailleurs pris un décret unilatéral en novembre 2017 en ce sens. Mais ce décret n’a de valeur qu’en France puisque le royaume des Pays-Bas ne l’a pas ratifié.

Au vu de l’incapacité des deux pays à trancher, «le gouvernement de Sint Maarten ne m’a pas autorisée à faire une marina en béton comme il l’a fait de l’autre côté de la baie. Il n’a toléré que des travaux provisoires en bois», explique Maggi. Et ainsi de faire remarquer : «si la marina avait été en dur, elle n’aurait pas été détruite par Irma.»

Près de trois ans plus tard, Maggi Shurtleff est toujours dans la même situation, sauf que celle-ci est beaucoup délicate et grave d’un point de vue économique. En effet, la marina a été complètement détruite par Irma et ne génère donc plus aucune ressource financière. Que ce soit pour Maggi ou les opérateurs et autres commerces dont l’activité dépendait de cette infrastructure. A ce jour la marina ne peut être reconstruite.

Récemment, Maggi a pris contact avec les autorités de Sint Maarten pour voir comment elle pouvait envisager la reconstruction. «Elles m’ont répondu que je devais aller voir les autorités françaises, que c’était à elles de me délivrer un permis de construire ! », raconte Maggi qui ne cache pas son étonnement. «Après avoir payé pendant trente-six ans toutes les taxes et tous les impôts uniquement en partie hollandaise, celle-ci me dit de m’adresser à la partie française ! », confie-t-elle. Sans pouvoir y croire. «La Première ministre et le ministre de l’aménagement (VROMI) m’ont informée que c’était le président de la collectivité, Daniel Gibbs, qui n’autorisait pas la construction en dur et que j’avais besoin d’un permis de construire délivré par la partie française», ajoute-t-elle.

«Je suis ainsi allée voir la préfète Sylvie Feucher et le président de la Collectivité, Daniel Gibbs », continue de raconter Maggi. «Ils m’ont tous les deux dit que la Première ministre était d’accord sur la délivrance d’un permis par le côté français et m’ont expliqué à la démarche à suivre », poursuit celle qui se sent alors soulagée d’un poids, la question de la frontière ne devrait donc plus être un problème.

Cependant Maggi veut assurer ses arrières. Aussi veut-elle que le gouvernement de Sint Maarten atteste par écrit ses propos selon lesquels le permis de reconstruction de la marina doit être accordé par les autorités françaises. Ce que celles-ci souhaitent aussi sans quoi elles ne donneront aucune autorisation. Mais là, silence radio de la part des représentants du gouvernement de Sint Maarten et des Pays Bas qui n’ont, entre temps, toujours pas reconnu la frontière.

Estelle Gasnet
11 commentaires

Commentaires

symbole de l'unité de l'Ile c'est une plaisanterie ? symbole de l'enrichissement d'une famille avec la complicité de l'administration de Sint Maarten et le désintérêt de la France pendant 30ans, peu occupée à faire respecter la loi et faire payer les taxes...la frontière est au MILIEU de l'étang, c'est la convention de Montego Bay de 1982, point !

le tracé de la frontière englobait dans la partie française l'actuel aéroport de Juliana au XIXème...la frontière n'intéresse que ceux qui s'y enrichissent !

Donc elle admets que la marina est française, enfin ! des emplois, des taxes pour la collectivité, le droit du travail français..enfin !

she make us cry as she cannot sell it, while the Sint Maarten justice is looking into his accounts..

you mean her ?

Yep her cactus Ltd business

Maggy you took enough money from it !

Bien sûr qu'elle pleure, mais ce n'est peut-être que le début d'un long et pénible chemin car si elle accepte de dire que sa Marina est bien en France, ça voudrait dire que jusqu'à présent elle a bénéficié de la complaisance d'une république bananière et de la nonchalance de la préfecture de Guadeloupe, il se pourrait que notre administration Saint Martinoise puisse lui demander des comptes sur ces très nombreuses années passées.

Mais elle n'est pas la seule, tous les commerçants hébergés sur ce territoire hors du droits sont logés à la même enseigne, sans mauvais jeu de mot.

Et que dire des sommes que l'ASLOP serait en droit de réclamer, pour ceux qui ne connaissent pas l'ASLOP, c'est la copropriété d'Oyster Pond. Si Captain Oliver n'est pas sur Sint-Maarten alors c'est qu'il est sur la copropriété d'Oyster Pond, et donc il aurait dû participer à l'entretien de la copropriété, car, avec son statut particulier, c'est la copropriété d'Oyster Pond qui entretient tout, même ses routes.
Il y avait un débat de longue date concernant l'accès à la marina et a l'ensemble des infrastructures, les camions d'avitaillement ayant à plusieurs reprises défoncé les routes, et Captain Oliver ayant toujours refusé de participer à la remise en état, le bureau de l'ASLOP avait envisagé d'ériger un mur pour bloquer l'accès à la Marina, ce mur aurait, bien entendu, été construit du "Côté FRANCAIS". IRMA a réglé ce différent à sa façon !

C'est vrai que les déboires de Captain Oliver ne vont pas faire pleurer beaucoup de monde, même si ce qui a été fait a permis à de nombreuse personnes de travailler et à participé au développement d'Oyster Pond, dommage qu'il se soit entêté à nier une évidence presque aussi grosse que la rotondité de la terre !

Le problème est qu il n existe aucune frontière certaine .
Donc le captain Oliver a joue avec cette situation pour faire sa fortune ... mais aujourd hui les héritiers sont dans un imbroglio juridique....c est la roue qui tourne ... c est aussi peut être le moment d assainir la situation

IL existe une frontière certaine qui passe au milieu de l'étang et tracée sur plusieurs documents et par les deux parties, France et Hollande.

la frontière est certaine, la convention internationale existe, le gouvernement de Sint Maarten feint de l'ignorer !

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