15.05.2019

Le recteur fait le point sur la réforme du lycée

Mostafa Fourar a rencontré équipes pédagogiques et représentants d’élèves des deux lycées lundi 13 mai pour faire le point sur les réformes qui seront mises en place dès la rentrée prochaine.

Mostafa Fourar, le recteur de l’académie de Guadeloupe était à Saint-Martin lundi 13 mai. Après avoir échangé avec la communauté éducative de l’école Elie Gibbs, et avant de faire un tour à la nuit de l’alternance privée d’inauguration officielle à cause du devoir de réserve précédant une élection, il s’est rendu au lycée professionnel puis à la cité scolaire.

« On s’est engagé dans une rénovation de la voie professionnelle mais aussi dans la réforme du lycée général et technologique. Il était important de faire le point avec les deux équipes pédagogiques pour la rentrée prochaine » a indiqué le recteur lors d’un point presse en fin de journée.

Dans chacun des deux lycées, le recteur a rencontré le chef d’établissement avec ses adjoints et collaborateurs, ainsi que des représentants des élèves. « L’idée était de leur demander comment se profilait la réforme » a-t-il expliqué.

Réforme du lycée professionnel

Au lycée professionnel, la proviseure Janine Hamlet lui a fait une présentation de la situation. « Il y a eu plusieurs réunions. Apparemment les enseignants ont été accompagnés par les inspecteurs et aujourd’hui il n’y a pas d’inquiétude particulière sur la mise en place de cette réforme à la rentrée prochaine » a rapporté le recteur.

Cette réforme du lycée professionnel consiste grosso modo en la mise en place de trois familles de métiers. « Pour la rentrée 2019, il n’y en aura qu’une à Saint-Martin (métiers de la relation clients), les deux autres vont arriver à la rentrée 2020 (métiers de l’hôtellerie-restauration) et 2021 (métiers, bois, de la maintenance, du numérique et de la transition énergétique). En trois ans on aura balayé l’ensemble des métiers parce qu’on a qu’un seul lycée donc on ne peut pas jouer la complémentarité avec un autre établissement professionnel sur l’île » a-t-il ajouté.

Les filières déjà en place perdureront mais c’est leur fonctionnement qui changera progressivement, notamment en terme de volume horaire et d’interdisciplinarité. Jusqu’ici, la scolarité en lycée professionnel se caractérisait par des emplois du temps allant jusqu’à 33h30 par semaine. À compter de la rentrée 2019, les cursus sont repensés pour offrir des parcours plus innovants : co-intervention pour donner du sens aux apprentissages ; consolidation et accompagnement pour répondre aux besoins de chaque élève ; spécialisation progressive pour sécuriser le choix des élèves.

« La nouveauté importante sur toutes ces familles de métiers, c’est la co-intervention qui nécessite de la part des enseignants de construire ensemble leurs séquences d’enseignements. Cela permettra aux élèves de mieux comprendre à quoi servent le français et les maths par rapport à la maintenance bateau par exemple » a précisé Michel Sanz, l’IA-DAASEN des îles du Nord. L’objectif étant de créer des passerelles entre les matières générales et les matières professionnelles.

Réforme du lycée général et technologique

Au lycée général et technologique, le recteur a également rencontré les représentants des élèves, la proviseure, ses adjoints et l’équipe pédagogique. La réforme consiste essentiellement en l’abandon des filières qui existaient. « L, S, ES c’est fini. On parle maintenant d’enseignements de spécialité » avance le recteur qui a souligné qu’il y en avait douze.

« Au niveau national on a décidé que chaque lycée devait proposer sept enseignements de spécialité et travailler en réseau avec les autres établissements pour la complémentarité. Certains qui ont peu d’effectifs ne dépassent pas les trois spécialités. A Saint-Martin, comme ils ne peuvent pas travailler en réseau avec un autre lycée, nous avons ouvert neuf spécialités, le maximum possible » a-t-il ajouté.

Ces spécialités sont les suivantes : Arts (arts plastiques et musique), Histoire-Géographie-Géopolitique et Sciences Po, Humanités- Littérature et Philosophie, Langues, Littérature et cultures étrangères (Anglais et espagnol), Mathématiques, Numérique et sciences informatiques, Physique-chimie, Sciences économiques et sociales, Sciences de la vie et de la terre.

Ne seront donc pas enseignées à Saint-Martin les spécialités Biologie & écologie, Sciences de l’ingénieur, Littérature-Langues et cultures de l’Antiquité. Toutefois les élèves qui souhaitent suivre une de ces spécialités, ont la possibilité de le faire par le CNED. « Un élève a choisi allemand, on va lui assurer un enseignement par le CNED » donnent pour exemple le recteur et l’IA-DAASEN.

Concrètement, la réforme appliquée dès la rentrée 2019, concernera d’abord les élèves de première. Sondés en janvier les actuels seconde ont exprimé leurs vœux pour le conseil de classe du deuxième trimestre. Ils devaient choisir quatre de ces enseignements de spécialité. Lors du conseil de classe du troisième trimestre, l’équipe pédagogique validera trois de ces quatre spécialités qu’ils suivront à la rentrée. Lorsqu’ils entreront en terminale l’année d’après, ils n’en garderont que deux. « Ils ont aussi le droit de se tromper » souligne Michel Sanz en expliquant que ceux qui le souhaitent auront la possibilité de changer de spécialité au cours de la première année.

Le recteur a rapporté que la mise en place de la réforme au lycée Weinum se présentait « plutôt bien » d’après les retours que lui a faits l’équipe pédagogique. Certains élèves ont toutefois exprimé leurs inquiétudes au recteur. « Ils ont peur de se trouver dans une voie qui soit tracée à l’avance. Ils n’ont pas vu que finalement cette possibilité de choix d’enseignements de spécialités assez large décloisonne encore plus que ce qu’ils connaissaient avec les trois filières. Et surtout ce qui leur a échappé car on les a focalisés sur les enseignements de spécialités, c’est qu’il y a un tronc commun. « Le tronc commun représente 60% du volume horaire total des enseignements » précise Michel Sanz. Ce tronc commun comporte Français, enseignement scientifique (physique, sciences naturelles, mathématiques),  Langues vivantes, enseignement civique et moral, philosophie (en terminale), humanités scientifiques et numériques et EPS.

« La grande nouveauté de cette réforme est que les élèves ne seront plus enfermés dans une filière, contrairement à avant ou on avait une seule voie.  On peut se raconter ce qu’on veut mais tous les parents, tous les enseignants, orientaient les élèves vers la voie S quelquefois avec des orientations un peu aberrantes parce qu’on leur avait expliqué que c’était la voie d’excellence » a fait remarqué le recteur. Pour lui, cette réforme est l’occasion de mettre toutes les matières sur un pied d’égalité « et de laisser la liberté de choix de construire sa propre orientation, sachant que le socle commun compte beaucoup pour l’orientation. Je pense que c’est une réforme très positive par rapport à l’avenir de ces élèves : ils vont avoir une palette beaucoup plus grande ».

Fanny Fontan

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