27.01.2021

Trafic d’armes et de stupéfiants : ce que l’on sait de la présumée implication d’un couple de Saint-Martin

L’information a été reprise par les médias nationaux, tellement elle est importante : 240 kg de cocaïne, plus d'une vingtaine d'armes, un millier de munitions de tous calibres ont notamment été saisis en Guadeloupe et en métropole. Il s’agit d’une «affaire exceptionnelle à plus d’un titre», d’un «dossier qui fera date», a convenu, lors d’une conférence de presse vendredi, Renaud Gaudeul, procureur de la République à Fort-de-France dirigeant la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) des Antilles-Guyane.

Cette affaire est celle d’un vaste trafic d’armes et de produits stupéfiants en Guadeloupe principalement qui mobilisent gendarmes et policiers depuis juin 2019. Les enquêteurs soupçonnent plusieurs personnes d’être impliquées en Guadeloupe, en métropole mais aussi à Saint-Martin.

Que s’est-il passé la semaine dernière ?

La semaine dernière, une vaste opération policière a été organisée dans plusieurs villes de Guadeloupe et à Saint-Martin. Il s’est agi d’un coup de filet devant permettre l’arrestation des suspects afin de les interroger. «C’était une étape majeure… C’était vraiment la grosse phase d’interpellations dans ce dossier», a souligné le procureur.

26 personnes ont été arrêtées parmi lesquelles un résident de Saint-Martin. Il a été transféré dans les locaux de la gendarmerie de Saint-Martin puis dans ceux de Pointe-à-Pitre. Il a été auditionné sous le régime de la garde à vue ; il était suspecté de recel de blanchiment. «Il a été arrêté et interrogé car il fréquentait une personne rencontrée il y a peu à Saint-Martin, et qui serait fortement impliquée dans le trafic», explique son avocat, Pascal Bon. «Mais au bout de quelques heures, les enquêteurs ont compris que mon client n’avait rien à voir avec ce trafic. Il a complètement été blanchi», poursuit-il. Il est donc ressorti libre de la garde à vue qui a été écourtée. «Elle a pris fin au bout de 72 heures alors qu’elle devait durer 96 heures», précise l’avocat. Et d’ajouter que l’épouse de son client n’a été ni arrêtée, ni placée en garde à vue, ni mise en examen.

Sur les 26 personnes arrêtées, 14 ont été mises en examen  pour association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants, trafic d'armes ou blanchiment, dont 7 ont été placées en détention provisoire et 7 sous contrôle judiciaire. L’enquête n’est pas encore terminée. Le procureur de Martinique a confié qu’il devrait y avoir de nouveaux développements prochainement.(soualigapost.com)

Estelle Gasnet