07.08.2019

Plus de 20 millions de tonnes de sargasses observées en 2018

Elles ont flotté entre l'Afrique et le Mexique.

Une ceinture de sargasses représentant plus de 20 millions tonnes de matière a été observée pour la première fois l’an passé révèle une équipe de scientifiques du département Marine Sciences de l’université South of Florida. Il s’agit de la ceinture la plus importante jamais observée jusqu’alors.

Ces 20 millions de tonnes ont flotté à la surface des mers entre l’Afrique de l’Ouest et le Mexique et correspondent à plus de 200 porte-avions chargés, soulignent les scientifiques.

Ces derniers ont observé des photos satellites prises par la Nasa entre 2010 et aujourd’hui, afin d’essayer de mieux comprendre la formation et la progression des sargasses.

Ils ont pu constater un rythme saisonnier : les conditions de formation sont créées dans l’océan au printemps et en été par l’apport de nutriments par le fleuve Amazone et en hiver par les nutriments rapportés par la remontée des eaux des côtes africaines. Il s’agit d’un phénomène naturel ; pour rappel les sargasses ont toujours existé à la surface des océans. Toutefois, elles se développent en quantité beaucoup plus importante ces dernières années et dans de nouvelles zones.

«Avant 2011, les sargasses étaient localisées dans le golfe du Mexique et dans la mer des Sargasses », expliquent les scientifiques tout en précisant que Christophe Colomb avait déjà signalé leur présence en XVe siècle. «Mais depuis 2011, on constate leur présence dans des endroits où il n’y en avait jamais eu, par exemple dans le centre de l’Atlantique». Ce qui laisse supposer qu’il existe plusieurs secteurs où les algues se forment.

Conscients que «les conditions chimiques de l’océan ont été modifiées», les scientifiques se sont intéressés aux programmes de déforestation en Amazonie et à la consommation d’engrais dans cette région. Ils ont ainsi durant deux ans étudié le débit du fleuve et réalisé des prélèvements d’eau dans le centre-ouest de l’Atlantique afin de mesurer le taux d’azote et de phosphore. Les scientifiques constatent alors une corrélation entre l’explosion des sargasses, la déforestation et l’utilisation intensive d’engrais en Amazonie depuis 2010.

L’océanographe, le docteur Chuanmin Hu, qui a dirigé les recherches, estime par ailleurs que le climat joue un rôle dans la prolifération des algues brunes. Il explique notamment que malgré l’important déversement de nutriments dans l’Atlantique par l’Amazone en 2009, les sargasses ne se sont pas formées en masse car il a beaucoup plus en 2010, l’eau douce ainsi apportée a permis de réduire le taux de salinité de l’océan et sa température.

Chuanmin Hu demeure toutefois prudent sur ses travaux qui doivent être approfondis et complétés par d’autres études et données.

«Nous espérons que [cette étude] fournira un cadre pour améliorer la compréhension et notre action face à ce phénomène émergent », confie-t-il. Mais d’attester qu’il va être récurrent.

Estelle Gasnet

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